Vive la France ! ![]()
Chroniques d'une immigration choisie
Je me suis souvent demandé comment on avait pu avoir l'audace d'utiliser le mot "service" dans "service public". "Sévice public" aurait été plus adéquat ! Mais qu'est-ce que le service public ? C'est un monde dans lequel toutes les lois de la logique et du bon sens que nous connaissons n'existent plus et dans lequel règne un chaos général. Fait amusant (s'il en est), pour les gens de ce monde, que l'on appelle vulgairement "les fonctionnaires", il semble que ce chaos n'ait rien d'étrange, il a même l'air tout à fait normal. Je ne sais pas bien quel terme employer pour ce que nous avons vécu... Epopée, parcours du combattant, croisade, rien ne décrit convenablement ce qui se passe dans "la maison qui rend fou"...
Afin de planter brièvement le décor, disons simplement que deux ans après nous être rencontrés Eriko et moi, nous avons décidé de nous marier. Evidemment, ça a l'air simple à dire comme ça, mais du fait de notre différence de nationalité, les choses vont se compliquer (rappelez-vous : le chaos !). Je vais essayer de décrire ici tout ce que nous avons vécu (pour ne pas dire "subi"), ce que nous avons du faire et quelles portes blindées nous avons du pousser, tant bien que mal, pour avoir le "droit" de vivre ensemble sans soucis (et encore, sur ce point, je doute...)
Tout d'abord, je tiens à préciser que tout n'est pas noir dans cette histoire. La France et le Japon entretiennent d'excellentes relations, ce qui facilite certaines démarches. Par exemple, pour un Français (un Japonais), aller au Japon (en France) n'a rien de difficile. Le Japon et la France ont un accord qui permet aux résidents Français de séjourner au Japon (et vice-versa) pendant trois mois sans visa (un passeport suffit). Il s'agit bien sûr d'un séjour de type "touriste". Il faut bien reconnaître que c'est très agréable.
La première question fut : où va-t-on se marier ? Sachant que nous avions décidé de vivre en France, la solution la plus logique était de nous marier en France. Mais n'étant déjà pas un grand fan du système administratif Français, j'ai essayé de savoir comment se passe un mariage au Japon (administrativement parlant) : Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il suffit d'aller dans une mairie et de signer un papier en y mettant ses nom et prénoms, mais il y a de ça. Disons que c'est assez simple. Face à cette plus grande "ouverture d'esprit" (disons que ça semble être sacrément moins "cul coincé" que chez nous), nous nous sommes légitimement dit que la solution du mariage au Japon était à envisager...
Seulement voilà, après nous être renseigné, au Japon d'abord (où nous avons eu toutes les réponses dans les heures suivant l'envoi de notre e-mail), il a fallu se renseigner en France... Là, on change de décor : plusieurs visites en mairie, plusieurs coups de fil en préfecture, impossible d'avoir des réponses claires, et surtout, impossible d'avoir les mêmes réponses de la part des différentes administrations, voir même d'avoir les mêmes réponses entre deux visites à la mairie... (Mairie de Brest, donc une mairie assez importante). De plus, tout ce que la mairie a su faire, c'est aller sur le site de l'ambassade de France au Japon pour dégoter les renseignements... Si je vais en mairie, c'est parce que je n'ai pas pu trouver par moi-même les réponses à toutes mes questions, c'est par pour voir un(e) hurluberlu(e) pianoter sur son clavier à la vitesse d'une tortue au galop ! Bref, face à un tel gruyère d'informations, je décide de contacter l'ambassade de France directement. Après plusieurs relance de mon e-mail, je décide de leur envoyer un autre mail pour leur demander si, de temps en temps, il leur arrive de consulter et de répondre à leur courrier ou si ça part directement à la poubelle. Cette fois-ci, la réponse fut rapide ! "Cher monsieur, nous répondons toujours à nos e-mail, [bla bla bla], quelle est votre question ?" Mais bien sûr... Bref, je rererepose ma question (simple : "Je suis Français, elle est Japonaise, que faut-il faire pour se marier au Japon ?"). La réponse en étapes (et en gros) :
Inutile de préciser qu'avec un tel système, si l'on tient compte des délais postaux, des délais administratifs (les plus longs) et du délai de publication des bans, il faut compter environ 3 mois. Trois mois pendant lesquels je dois rester au Japon sans possibilité de pouvoir travailler, sans revenu donc. Avec en sus le risque que si, pour une raison ou pour une autre la procédure devait durer plus de trois mois, mon délai de 90 jours "touriste" expire et que donc je sois obligé de demander un visa...
N'étant pas complètement masos, nous optons donc pour la première solution :
En théorie, tous les documents étant remis à la mairie, le mariage peut avoir lieu...
Les documents remis à la mairie, quelle ne fut pas notre surprise en apprenant qu'une loi récente impose au maire de questionner séparément les deux futurs époux afin de déterminer si l'intension de mariage est sincère !!! Désormais, pour se marier, il faut, en plus du justificatif de domicile et de l'acte de naissance, un justificatif d'amour réciproque !
Eriko ne parlant pas suffisamment bien le français, un tel entretien ne pouvait avoir lieu sans la présence d'un traducteur, assermenté qui plus est. Bref, un coup (un coût ;-)) de 380€ pour 10 minutes ! C'est toujours agréable de balancer l'argent par les fenêtres ! De plus, le maire nous a confié ne pas vraiment savoir quoi poser comme question (elle a découvert cette nouvelle loi en même temps que nous). "Je ne suis pas psy, je vais poser des questions mais je ne vois pas comment je pourrai détecter quelque tromperie que ce soit !". Elle était d'autant plus gênée que cet entretien, finalement complètement inutile, nous a coûté la peau des fesses. Et en effet, après coup, nous nous sommes rendu compte qu'en passant un peu de temps avec l'autre et en se racontant un peu nos vies, nous aurions pu répondre aux questions aussi bien si nous ne nous étions connu que depuis peu... Sans commentaire !
Bref, c'est bien la France : des incohérences à foison ! Nous autres Français, nous sommes plus ou moins habitués, voire vaccinés, mais pour une Japonaise, c'est un choc. Et elle n'est pas au bout de ses peines...
Enfin, le jour J arrive, tout se passe bien, etc. enfin bref, un petit moment de répit, car le pire est à venir...
Croisade pour un titre de séjour
En effet, le mariage terminé, il nous faut maintenant repartir en guerre contre le service public. Il nous faut à présent faire la demande d'un titre de séjour. Ce titre de séjour est valable un an, renouvelable un an puis, au terme de ces deux années, on peut demander soit un titre de 10 ans renouvelable tous les 10 ans, soit la nationalité française.
Bref, quelques photos, les documents habituels (acte de naissance, acte de mariage, etc.) et le tour est joué, nous voilà en possession d'un magnifique récépissé de demande de titre de séjour valable trois mois. Ce récépissé ne sera transformé en titre de séjour que lorsque Eriko aura passé sa visite à l'ANAEM (aussi appelé OMI, ou OIM, bref c'est le bordel), qui doit, entre autres, faire passer une visite médicale, comme si celle qu'on vient juste de faire pour se marier n'avait aucune valeur, si ce n'est les 168€ de frais de laboratoire pour le test sanguin d'Eriko). Le décor fut planté dès le début, lorsqu'à la préfecture on nous a annoncé qu'il n'est pas rare d'avoir à renouveler le récépissé car l'OMI peut mettre plus de trois mois à nous contacter... Alors que d'ordinaire la lenteur fait partie du quotidien des services administratifs, on est en droit de s'inquiéter quand c'est l'administration elle-même qui reconnaît que ça risque d'être long !
Nous sommes aux environs du 25 septembre 2005. Vers le 25 novembre, nous recevons un courrier de l'OMI. Il s'agit d'une convocation pour le 13 décembre à l'antenne de Paris sud (c'est l'antenne en charge pour le département de l'Eure & Loir). Contactés au bout de deux mois, ça va ! Ça aurait pu être pire ! Seulement voilà, trois jours plus tôt, je venais d'être contacté par une entreprise pour une embauche immédiate à Rennes. Donc, comme indiqué dans le courrier, je tente de recontacter l'OMI pour cause d'indisponibilité.
Vous avez demandé l'ANAEM, ne quittez pas...
Ça commence mal, le numéro de téléphone indiqué dans le courrier ne répond jamais. J'essaye de contacter l'antenne de Paris Nord qui me répond tout de suite : "Ah ben le numéro a changé". Super ! Ça les aurait étouffé de mettre un répondeur sur l'ancien numéro ? Je recontacte donc l'antenne de Paris Sud à ce nouveau numéro : Jamais personne ne répond... Je rappelle Paris Nord et on me donne le numéro de téléphone du service médical : Aucune réponse... Pas du tout énervé, j'essaye d'appeler l'antenne de Rennes : Le numéro n'est plus attribué ! Je cherche dans les pages jaunes sur le net : C'est toujours l'ancien numéro qui est affiché (Bravo FT !). Plusieurs jours passent, je réessaye de temps en temps quand je finis par avoir le service médical. Je n'ai pas le temps de prononcer trois mots que mon portable perds le signal (Quel réseau de merde dans ce foutu pays ! Quand je pense au prix de la minute...) Je rappelle tout de suite : personne ne répond. Je n'aurai finalement quelqu'un au bout de fil que deux jours plus tard : "Rappelez après 16h30 car les entretiens se terminent à 16h30"... Evidemment moi j'appelais avant car généralement, le service public se couche vers 16h30... Je rappelle donc après 16h30 : "Ah la personne qui s'occupe de l'Eure & Loir n'est pas là aujourd'hui"... Restons calmes, restons calmes ! Je rappelle le lendemain et là, enfin, j'ai en ligne la personne que je cherchais ! Ouf ! La question fut simple : "Etant donné qu'on a déménagé sur Rennes, ne pourrait-on pas transférer la convocation sur l'antenne de Rennes ?" et la réponse fut encore plus simple : "Vous y êtes obligés !". Comme nous changeons de préfecture, il faut tout reprendre à zéro (eh oui, c'est comme ça, on veut faire l'Europe mais on n'est même pas foutu de communiquer d'une préfecture à l'autre, ça promet !)
Nous devons donc retourner à la préfecture pour demander un renouvellement de récépissé ce qui aura pour effet de redéclencher la procédure en Ille & Vilaine et donc que le dossier arrive à l'OMI de Rennes. A ce moment, nous avons commis une énorme erreur : La préfecture nous a dit qu'il est possible de faire la demande de renouvellement en mairie, ce qui est plus pratique, surtout au vu des horaires d'ouverture de la préfecture (Service public oblige). Séduits par cette proposition, nous sommes allés en Mairie. Ce que nous ne savions pas c'est qu'il faut un peu plus d'un mois aux documents pour parcourir les 25km qui séparent la mairie de la préfecture (plus lent que la poste, ça existe, si si !).
Au lieu d'attendre une semaine pour le renouvellement, nous avons donc attendu un peu plus d'un mois... et un peu après mi-janvier, nous recevons le nouveau récépissé (daté du 10 Janvier). Vers le 10 Février, nous apprenons que l'OMI a bien reçu notre dossier. Et le 14 Avril, le rendez-vous arrive enfin. Au passage, 13 Décembre / 14 Avril, déménager parce que j'ai eu le malheur de trouver du boulot nous a donc coûté 4 mois...
Mais tout ce temps pour si peu ! Il s'agit en fait d'une visite médicale accompagnée d'un bilan linguistique et d'une explication sur le contrat qu'il faut passer avec la France pour pouvoir y rester (En gros, accepter d'apprendre le Français et quelques notions civiques, ce que j'approuve tout à fait). A l'issu de cette visite d'une heure et demie (4 mois d'attente pour une heure et demie...), nous pouvons rapporter le document de l'OMI à la préfecture, accompagné d'un document sur lequel nous devons coller... 4 timbres ANAEM à 55€ pièce ! 220€ de timbre, la buraliste n'en revenait pas ("Mais c'est pour quatre personnes ?").
Télécharger le livret d'accueil.
L'étape finale... avant la suivante !
Après avoir remis tous les documents, nous devons encore attendre un mois que le titre de séjour soit fabriqué (bon, un mois, c'est courant pour les documents de type carte d'identité ou permis de conduire). "Votre récépissé est périmé depuis peu, il faut que vous le fassiez renouveler. C'est dommage que vous ne l'ayez pas apporté". "Oui oui, on reviendra pour le faire renouveler". T'as raison Lulu, on va avoir le titre de séjour dans un mois, tu crois pas que je vais me retaper 1h30 d'attente pour un récépissé qui va servir deux semaines ! Et puis je me rappelle encore ce coup de fil passé à la préfecture quelques mois plus tôt : "Oh vous savez, il y a des milliers de sans-papiers en France, parfois depuis plus de 10 ans, alors ne vous inquiétez pas si votre récépissé n'est pas tout à fait à jour". Bravo, ça fait bien d'entendre ça de la part de la préfecture !
Enfin, un mois plus tard, convocation à la mairie pour retirer le titre de séjour. Eriko, contente que tout se termine pousse un grand ouf de soulagement. Moi, toujours aussi méfiant vis-à-vis du service public, je scrute le titre à la recherche d'une nouvelle blague... et je l'ai trouvée ! Le titre est valable à compter de la date du mariage (17 Septembre 2005), soit une semaine avant notre toute première demande en préfecture d'Eure & Loir. Bref, nous sommes le 3 juin 2006 et nous venons enfin de récupérer le premier titre de séjour d'un an, qui arrive à expiration dans 3 mois et demi !
Eriko vs. Service Public : Round 2
Huit jours après avoir envoyé un mail à la préfecture pour savoir ce que nous devons faire (nous ne serons pas en France à la date d'expiration), je me suis finalement résigné à accepter qu'Internet et le service public, c'est pas compatible. Je décide donc d'appeler la préfecture.
Coup de chance, la réponse est simple : Il faut faire la demande de renouvellement avant de partir. Eriko obtiendra un récépissé valable trois mois. Quand elle reviendra, son récépissé sera prérimé depuis quelques jours. Il lui suffira alors de rentrer en France avec son passeport, en tant que touriste. A son retour, elle pourra aller chercher son titre de séjour (il a quand même fallu deux coups de fil et que je guide la conversation pour obtenir ces réponses...). Les pièces à fournir sont :
Note : Le 20 Juin, 17 jours plus tard donc, je reçois une réponse à mon mail... Réponse (non signée) complètement inutile puisqu'aucun des renseignement de la liste ci-dessus n'y figure !
La suite est tellement impressionante que je vais la diviser en trois parties :
Après avoir réuni les divers documents nécessaires, il nous restait à acheter le timbre ANAEM. A la préfecture, on m'avait bien précisé que ce timbre pouvait être acheté soit à la prefecture, soit au centre des impôts, soit dans un bureau de tabac... Comme je me méfie de la prefecture comme de la peste, je préfère prendre les devants et arriver avec tous les documents (je n'ai pas envie qu'on me dise après deux heures d'attente qu'ils n'acceptent pas la carte bancaire ou les chèques, ou je ne sais quoi). Comme le centre des impôts est ouvert à des heures incompatibles avec celles du commun des mortels (service public oblige), il ne me reste plus qu'à me rendre dans un bureau de tabac. Ce que je ne savais pas, c'est que quand ils disent "un" bureau de tabac, c'est très lourd de sens : je suis allé dans 7 bureaux avant d'en trouver un qui connaissait le timbre et qui en avait !!! Finalement, j'ai trouvé ce foutu timbre dans le même bureau de tabac que la première fois, bureau qui est bien loin de chez moi et de mon lieu de travail... J'ai quand même eu trois personnes de la préfecture au téléphone et aucune de m'a dit qu'acheter un timbre ANAEM dans un bureau de tabac relevait de l'exploit !
Retourne dans ta cambrousse voir si j'y suis !
Vidés de 55€ supplémentaires, nous voilà fin prêts à affronter à nouveau le service public. Point d'inquiétude en nous tant nous avons bien préparé notre dossier et toutes les pièces demandées. Nous attendons donc notre tour et, environ une heure d'attente plus tard, notre numéro est appelé. Nous commençons à donner les documents et là surprise : "Ah mais vous n'habitez pas Rennes ? Alors il faut faire la demande de renouvellement dans votre mairie !" Sur le coup, je suis resté sur le cul... Puis, ayant repris mes esprits, j'attaque : "Mais au téléphone, on m'a dit que je pouvais venir". L'ennemi rétorque : "Alors on vous a mal renseigné !" Ben tiens ! Dans la famille "je prends mes responsabilités", je suis tombé sur une championne ! Sentant encore un peu de force en moi, je réplique : "Mais la première fois, nous sommes venu ici et on ne nous a pas refusé..." A celà, la vilaine n'a rien trouvé de mieux que de nous répondre que nous avions eu de la chance d'être tombé sur quelqu'un de gentil... A ce moment, j'ai pensé à rien d'autre que : "C'est sûr que toi, t'est pas la moitié d'une conne !" Ah je m'excuse mais là, il faut que ça sorte ! Ultime tentative : Je précise que nous avons attendu une heure et que, comme nous avons tous les documents, ça ne prendra pas plus de 5 minutes... Eh bien non ! Rien à faire. Comme le disait Brassens, quand on est con, on est con.
Ce qui est révoltant, c'est que si nous avons du attendre une heure, c'est parce que le type avant nous n'avait aucun des documents demandés. A chaque document, il quittait son siège pour aller faire une photocopie puis revenait pour le donner. Mais lui il doit habiter Rennes. Alors même s'il n'a rien préparé, qu'il emmerde tout le monde et fait perdre du temps à ceux qui ont prit le soin de respecter la demande de la préfecture en matière de préparation des documents, ben on ne lui dit rien et on laisse faire. Juste après lui, une autre étrangère passe devant tout le monde au motif qu'elle a "juste une question". On lui explique qu'elle doit prendre un ticket mais elle pose quand même sa question et comble du comble, on prend le temps de lui répondre et de s'occuper de son cas. Mais quel con, quand je pense qu'on a pris un ticket alors qu'il suffisait juste de passer devant tout le monde !
Nous devons donc aller à la mairie. La préfecture est ouverte pendant midi (mais à effectif réduit ce qui démultiplie le temps d'attente). En revanche, mois de Juillet oblige, la mairie n'ouvre pas le Samedi. Donc, si on veut renouveler le titre de séjour, je dois prendre sur mon temps de travail (Heureusement, j'ai un employeur pas chiant qui ne me casse pas les pieds sur la façon dont je gère mon horaire libre...). Evidemment, il fallait s'y attendre, à la mairie, ils ne savent pas du tout quoi faire, comment le faire ni quels sont les documents à fournir... Après 15 minutes de recherches, on nous a finalement trouvé l'unique exemplaire du document que nous devions PROBABLEMENT remplir (rien de sûr en fait...). Là encore, personne n'a su nous expliquer comment le remplir et la préfecture est restée injoignable, même pour la mairie... Nous avons donc remplit tout ça à l'instinct... Enfin, les documents à fournir : Ben c'est nous qui avons du expliquer à la mairie ce qu'il fallait faire... Ce qui est formidable, c'est qu'à la mairie, deux points disparaissent : L'enveloppe timbré et l'obligation de se présenter ensemble... Comme d'habitude, sans commentaire !
Allez, on se tire quelques temps au Japon pour les vacances, loin de toute cette connerie et de tous ces cons (Il faut vraiment que ça sorte, vraiment vraiment !)
Quelques anecdotes croustillantes...
Une petite question simple posée à la préfecture d'Eure & Loir : "En ayant un récépissé seulement, est-il possible de retourner au Japon pour un bref séjour ?"
Réponse de la préfecture de Chartres : "Bien sûr, il faut pour cela faire un visa temporaire de retour (8€)."
Même question posée un peu plus tard à la préfecture de Rennes : "De quelle nationalité s'agit-il ? Ah, pour les Japonais, il n'y a besoin de rien. Elle peut retourner au Japon puis revenir, son récépissé suffit !"
Hey M. Sarkozy, avant de vouloir faire du ménage en France, faudrait déjà passer un grand coup de balais devant ta porte !
Une chose qu'on ne peut pas reprocher au système (et ce fut là notre seul point positif), c'est qu'au nom de l'intégration, l'état propose de fournir, à titre gracieux, 500 heures de cours de français (30 heures par semaine en mode intensif). C'est la condition pour obtenir un titre de séjour, c'est le contrat d'intégration. Au vu du prix des cours de langue, c'est une sacrée bonne nouvelle. Mais là encore, c'est le bordel.
Déjà, il y a quelque chose qui m'échappe encore : Lors de sa convocation à l'ANAEM, Eriko a eu un bilan linguistique. Mais le but du premier entretien au centre de langue, c'est... de faire un bilan linguistique ! ¥500 à qui pourra m'expliquer ! Et visiblement, la non communication entre l'ANAEM et le centre de langue ne s'arrête pas là :
La version de l'ANAEM : "Vous allez avoir un premier entretien où l'on va vous demander, parmi tous les centres disponibles à Rennes, lequel vous convient le mieux géographiquement." Eriko agréablement surprise, moi dubitatif (Je suis Français, donc méfiant...)
La version du centre de langue : Elle fut brève. Après une évaluation de son niveau de Français, Eriko a eu droit à un "On vous écrira !", rien de plus. Je rappelle donc le centre pour avoir des précisions : Après avoir appelé le numéro du centre qui m'a demandé d'appeler le numéro de M. Hamid Manie qui lui-même m'a demandé de contacter M. Djamel Zebiri à un autre numéro, j'apprend que ce M. Zebiri n'est joignable que le lundi matin. Bon, attendons lundi matin... Là j'apprend que le choix du centre n'est pas fonction des préférences géographiques mais du niveau de langue, ce qui me semble plus logique. Deuxième question : Quand est-ce que ça commence ? "Vous recevrez un courrier d'affectation d'ici un mois. Vous savez, pourquoi attendre ? Autant battre le fer quand il est chaud !" Mmouais, méfiance, le fer a tendance à avoir des propriétés chimiques qui défient les lois de la nature ! (Univers parallèle oblige...)
Un peu plus d'un mois plus tard, pas de courrier... comme prévu je dirais... Je rappelle, le lundi bien sûr. Ah ben non, il n'y a pas de place disponible pour le moment ! Ah, nous y voilà, le fer reste donc bien chaud jusqu'à ce qu'on décide qu'il refroidisse ! Je comprends qu'il y ait une forte demande et qu'il faille attendre, mais pourquoi nous faire croire que ça va commencer rapidement ?
A suivre...
Le Japon et la France n'ayant pas signé la même convention (Ce serait trop simple sinon...), le permis de conduire international de l'un n'est pas valable chez l'autre. Au passage, il y a quelques temps, lorsque j'ai fait faire mon permis de conduire international, on m'a demandé dans quel pays je comptais l'utiliser. J'ai bien précisé que c'était pour le Japon et on ne m'a rien dit de plus. Ce n'est que par hasard, à l'ambassade de France au Japon que j'ai lu, sur un bout de papier accroché au mur, que ce permis de vaut rien au Japon. J'ai donc conduit en toute illégalité... Sympa la préfecture d'avoir prévenu quand j'en ai fait la demande !
Donc, nous avons fait traduire le permis de conduire par l'ambassade du Japon en France (15€). Cette traduction permet de conduire en France dans une limite d'un an. Une fois le titre de séjour délivré, et si le délai d'un an n'est pas écoulé, il suffit de fournir deux photos d'identité, le permis de conduire Japonais, sa traduction et de remplir un formulaire fort simple. Le permis Japonais sera alors échangé contre un permis Français sous un délai d'un mois. Si le délai d'un an est écoulé, il faut purement et simplement repasser le permis.
Ensuite, ayant un permis Français, Eriko ne peut plus conduire au Japon. Il lui faut donc faire comme pour moi : Demander une traduction en Japonais de son permis Français ! C'est logique non ? Petite astuce supplémentaire : En faisant abstraction de toute honnêteté superflue, il est aussi simple d'aller dans une préfecture au Japon et de prétexter la perte de son permis de conduire. Il sera alors refait... Je dis : Sans commentaire !
Mais cette étape se soldera par une excellente nouvelle : Alors qu'on nous avait annoncé un délai d'un mois, nous avons reçu le permis par la poste en tout juste deux semaines !!! (Note : Au Japon, il faut une heure...). Ce qui est fou, c'est qu'à la préfecture, pour le permis, tout a été beaucoup plus simple : Pas de file d'attente, renseignements assez clairs, transaction rapide, reception par voie postale, bref, l'opposé parfait du service Etranger...
Lorsque nous sommes arrivés sur Rennes, nous avons du commencer par dompter le facteur... En effet, chaque fois que nous recevions un recommandé ou un colis, malgré la présence d'Eriko à la maison, il ne frappait jamais et déposait directement un avis de passage dans la boîte ! Nous avons du envoyer une lettre de réclamation bien serrée pour remédier au problème. Depuis, nous n'avons plus d'avis de passage mais directement nos colis... C'est lamentable d'être obligé d'en arriver là mais il faut bien reconnaître que plus la réclamation est "salée", plus l'effet est important !
Evidemment, aucune réclamation n'arrivera à convaincre La Poste de faire correctement son travail à 100% : En 6 mois, déjà deux de nos courriers ne sont jamais arrivés dont un recommandé... Mais ça, y'a rien à faire, La Poste sera toujours La Poste...
Bref, inutile de préciser que le service postal Français fait partie des chocs culturels qui peuvent être ressentis quand un Japonais arrive en France... Pourtant, prix de l'affranchissement n'y est pas plus élevé !
Il n'y a pas qu'à La Poste à qui il faut sans cesse expliquer qu'a service payé doit correspondre service rendu. En l'espace d'une vingtaine de trajets en direction de Rennes, le car ne s'est pas arrêté 3 fois, malgré le fait qu'Eriko lui faisait un grand signe pour signaler sa présence et qu'en plus elle était toute seule au bord de la route, ce qui ne passe pas franchement inaperçu ! Comme par hasard, cela arrive toujours pour le même horaire, ce qui me fait penser que nous avons à faire à un chauffeur complètement crétin. Après avoir râlé deux fois auprès de la compagnie et du conseil général, on nous a promis une "enquête"...
A suivre...